Résumé de l’article publié sur le site CGT.fr, voir l’article complet en CLIQUANT ICI
Les fortes chaleurs s’imposent désormais comme un risque professionnel majeur. Dans un contexte où les accidents du travail mortels restent nombreux, le dérèglement climatique accentue l’exposition de millions de travailleuses et de travailleurs à des conditions de travail pouvant mettre leur santé en danger. Quelles règles s’appliquent aujourd’hui et quelles revendications pour protéger le monde du travail face au dérèglement climatique ?
Des avancées, mais une protection encore insuffisante
Depuis le 1er juillet 2025, un nouveau décret renforce les obligations des employeurs en matière de prévention des risques liés à la chaleur. Il impose notamment d’évaluer ce risque dans le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) et de mettre en œuvre des mesures adaptées pour protéger les salarié·es.
Pour la CGT, cette évolution constitue une avancée, mais elle reste très insuffisante au regard de l’ampleur des risques. Au-delà des épisodes de canicule, c’est plus largement la question de l’adaptation du travail au changement climatique qui est désormais posée.
Pour nourrir ce débat, la CGT publie le livret Changement climatique et travail : des leviers pour agir. Il propose des analyses, des repères juridiques et des revendications pour faire du climat un enjeu de négociation, de prévention et de pouvoir d’intervention des salarié·es.
🌡️ Quelles sont les règles au travail en cas de fortes chaleurs ?
Pour réduire les risques liés à la chaleur, l’employeur doit notamment :
- mettre en place des procédés de travail réduisant ou supprimant l’exposition à la chaleur (dispositifs filtrant ou occultant, ventilateurs, brumisateurs…) ;
- aménager les lieux et postes de travail ;
- adapter les horaires de travail afin de limiter la durée et l’intensité de l’exposition et de prévoir des périodes de repos ;
- augmenter l’eau potable fraîche mise à disposition des travailleurs (en cas d’absence d’eau courante, il faut prévoir au moins 3L d’eau par salarié·e par jour) ;
- fournir des équipements de protection individuelle permettant de limiter ou de compenser les effets des fortes températures ou de se protéger des effets des rayonnements solaires ;
- mettre en place un protocole de secours pour les salarié·es qui travaillent seul·es.
⚠️ Un décret gouvernemental inefficace et sans portée réelle
Derrière les opérations de communication du gouvernement, le décret n°2025-482 du 25 mai 2025 impose ces quelques mesures aux employeurs, mais sans répondre aux urgences :
- ❌ Aucune température maximale de travail définie,
- ❌ Aucun renforcement du droit de retrait,
- ❌ Aucune interdiction explicite de faire travailler dans des locaux à 40°C l’été ou 12°C l’hiver.
Le gouvernement élargit la notion de “température convenable”, mais sans la définir. Il crée un nouveau chapitre sur les fortes chaleurs, mais ne l’active qu’en cas d’alerte jaune ou orange de Météo France, ignorant que les accidents surviennent aussi en vigilance verte, notamment en fonction de la chaleur dans les bâtiments où l’on travaille (bureaux, ateliers, usines, etc)
Les revendications concrètes de la CGT
Pour garantir une réelle protection, la CGT exige :
- 📉 Une réduction des rythmes de travail en cas de forte chaleur ;
- ⏸️ Une augmentation des temps de pause rémunérés dès 25°C ;
- 🛑 L’extension du chômage intempéries pour chaleur à tous les secteurs ;
- 🛡️ Le maintien et renforcement du droit de retrait, sans sanction possible sans l’avis de l’inspection du travail ;
- 🕵️ Des enquêtes systématiques après les malaises ou accidents liés à la chaleur ;
- 📋 Un rappel obligatoire par le ministère du travail sur le rôle du CSE / CSSCT après un accident grave.
- Le renforcement des moyens de la médecine du travail et de l’inspection du travail, particulièrement en matière d’effectifs.
VOIR AUSSI :
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Le tract : Canicule : Travailler sans se mettre en danger
[FAQ] Fortes chaleurs au travail : quels sont vos droits ? | CGT

